Depuis le 10 juillet 2007 que GPL Service a reçu son agrément pour la distribution du gaz, beaucoup d’encre et de salive ont coulé… dans les circuits de commercialisation. De péripéties en péripéties entre GPL Service et Total Burkina, aujourd’hui, c’est le ministère du Commerce, de la Promotion de l’Entreprise et de l’Artisanat qui entre dans la danse en marche arrière. En rappel, GPL Service n’a pas démarré ses activités, parce que Total Burkina a argué de la paternité de certaines de ses bouteilles. Alors que lesdites bouteilles ne figuraient nulle part sur l’agrément délivré à Total Burkina par le ministère. Tout récemment, elle a soumis à l’autorité une demande d’ajout de ces marques sur sa liste qui l’a acceptée. C’est la preuve que les emballages, dont certaines appartiennent certes à des filiales africaines du Groupe Total mais aussi à d’autres sociétés pétrolières, étaient au Burkina sans être la propriété de Total Burkina. Elles sont entrées de manière frauduleuse par des circuits détournés et ce sont ces mêmes bouteilles que les particuliers acquièrent pour s’approvisionner en gaz. Aucune facture, ni quittance douanière, ni certificat afférents à ces emballages ne peut être présenté. C’est pourquoi d’ailleurs il avait été proposé que GPL Service revête ces emballages de ses couleurs. Niet, a dit Total. Le ministère vient donc d’annuler l’autorisation d’exploitation de ces marques.
Maintenant que Total Burkina s’en arroge la propriété, Paul Sawadogo aura débauché moyens physiques, financiers et logistiques pour rien. Aux dernières nouvelles, il serait en train de négocier un dédommagement amiable pour les préjudices qu’il a subis. Là au moins, son ancien patron (Total Burkina) saura avoir une oreille attentive. C’est bien dommage de laisser passer en pertes des compétences qu’elle aura contribué à former. Mais c’est tout aussi dommage pour le Faso dont les autorités ne cessent de claironner que l’investissement privé est à encourager et à soutenir.
Hidogo
