De l’eau dans le gaz de GPL Service

mai 29, 2008 by burkinabynet

Depuis le 10 juillet 2007 que GPL Service a reçu son agrément pour la distribution du gaz, beaucoup d’encre et de salive ont coulé… dans les circuits de commercialisation. De péripéties en péripéties entre GPL Service et Total Burkina, aujourd’hui, c’est le ministère du Commerce, de la Promotion de l’Entreprise et de l’Artisanat qui entre dans la danse en marche arrière. En rappel, GPL Service n’a pas démarré ses activités, parce que Total Burkina a argué de la paternité de certaines de ses bouteilles. Alors que lesdites bouteilles ne figuraient nulle part sur l’agrément délivré à Total Burkina par le ministère. Tout récemment, elle a soumis à l’autorité une demande d’ajout de ces marques sur sa liste qui l’a acceptée. C’est la preuve que les emballages, dont certaines appartiennent certes à des filiales africaines du Groupe Total mais aussi à d’autres sociétés pétrolières, étaient au Burkina sans être la propriété de Total Burkina. Elles sont entrées de manière frauduleuse par des circuits détournés et ce sont ces mêmes bouteilles que les particuliers acquièrent pour s’approvisionner en gaz. Aucune facture, ni quittance douanière, ni certificat afférents à ces emballages ne peut être présenté. C’est pourquoi d’ailleurs il avait été proposé que GPL Service revête ces emballages de ses couleurs. Niet, a dit Total. Le ministère vient donc d’annuler l’autorisation d’exploitation de ces marques.

Maintenant que Total Burkina s’en arroge la propriété, Paul Sawadogo aura débauché moyens physiques, financiers et logistiques pour rien. Aux dernières nouvelles, il serait en train de négocier un dédommagement amiable pour les préjudices qu’il a subis. Là au moins, son ancien patron (Total Burkina) saura avoir une oreille attentive. C’est bien dommage de laisser passer en pertes des compétences qu’elle aura contribué à former. Mais c’est tout aussi dommage pour le Faso dont les autorités ne cessent de claironner que l’investissement privé est à encourager et à soutenir.

Hidogo

Biri, la star bissa

mai 29, 2008 by burkinabynet

Admirez la plus belle moue... du monde!En pays bissa (Centre-Est du Burkina Faso), Biri est une véritable star de la musique traditionnelle. Virtuose de son instrument, celà fait des décennies que sa voix berce et égaye ses frères. Mais depuis quelque temps qu’il apparaît en featuring avec des artistes modernes de sa région (Sami Rama et Smockey notamment), il est devenu le chouchou des mélomanes burkinabè.

DAAN: ne pas tuer la poule

mai 29, 2008 by burkinabynet

Les travaux de réhabilitation et d’agrandissement de l’aérogare de l’aéroport international de Ouaga vont bon train, d’après la visite effectuée sur le site par le ministre des Transports, la semaine dernière. Mais si de ce côté tout semble baigner pour la mise à niveau des infrastructures, il va falloir qu’à échelon de la structure chargée de la gérance de ces équipements, c’est-à-dire la délégation des activités aéronautiques nationales (DAAN), l’on change le fusil de la gestion d’épaule.

Depuis un certain temps, en effet, la DAAN aurait deux patrons: le délégué du directeur général (l’officiel) et l’administrateur délégué (un poste plutôt sans emploi); le hic, c’est que ce dernier tèterait aussi la mamelle. En plus de ce doublon, d’autres personnels de la tutelle administrative émargeraient également au budget de la DAAN. Même pour le fonctionnement du cabinet de l’autorité de tutelle, une contribution est annuellement versée. Mais cette v’loppe serait ponctionnée par tranches et nommément par le DAF du ministère. Contribue-t-elle réellement au fonctionnement du cabinet? Soit. Mais l’orthodoxie en la matière voudrait que cela se fasse par virements.

Y a-t-il un poste vacant à la délégation? Oui, mais les procédures de recrutements ne respecteraient plus les normes et seraient simplement comblées par cooptations. Cela s’appelle le népotisme. Le plus incroyable dans cette gestion reste ces deux véhicules neufs prélevés récemment dans le parc, banalisés et offerts (ou mis à la disposition?) à l’autorité de tutelle pour service personnel. Pourtant, pendant près d’une décennie, la délégation aurait fonctionné avec les moyens de bord, ne pouvant pas s’offrir une nouvelle logistique.

Ces irrégularités, mises les unes sur les autres, donnent l’impression que la DAAN est une poule aux œufs d’or. Mais à vouloir manger tous les œufs à chaque ponte, quand la poule finira par mourir, c’est la basse-cour qui sera dégarnie et il n’y aurait plus d’élevage…

 

Samba Diallo

Renaissance du Burkina: ils ont oublié

janvier 11, 2008 by burkinabynet

Dans la proclamation du 15-Octobre 87, on peut lire que Sankara, «ce traître à la Révolution d’août», ce «renégat» «cet autocrate s’est hissé à la tête de notre Révolution pour mieux l’étouffer de l’intérieur.» C’est pour cela qu’il a été démis de ses fonctions [sic] pour que «Le mouvement populaire du 15-Octobre, qui entend poursuivre conséquemment la révolution d’août 1983» puisse poursuivre «l’action de rectification tant attendue par tous les révolutionnaires démocrates sincères.» Le 19 octobre, Blaise Compaoré, lui-même, disait ceci : «Au nom du Front populaire, je lance un appel aux ouvriers (…) à toutes les organisations de masse révolutionnaires (…) pour qu’elles participent à la tâche de rectification, d’approfondissement du processus révolutionnaire…»

20 ans après, ils ont déjà oublié cela pour parler de renaissance…

Hidogo

Politique énergétique: beaucoup d’eau dans le gaz

janvier 11, 2008 by burkinabynet

L’un des premiers problèmes qui tirent les ménages de leur gueule de bois après les fêtes, c’est la pénurie de combustible, notamment le gaz. Lorsqu’on a frit autant de viandes et fait bouillir à longueur de journées des marmites, les réserves s’évaporent comme neige au soleil. Et quand on a la chance d’avoir encore quelques biftons pour s’approvisionner, on se bute à ce problème qui commence à être trop récurrent: l’indisponibilité du gaz. Il faut vraiment parler d’indisponibilité plutôt que de pénurie, puisque, au niveau de la Sonabhy, la ressource abonde. Elle vient d’ailleurs d’investir de grosses sommes pour stocker le butane et ravitailler les grossistes.

Les scènes de bonnes de maison portant une bouteille sur la tête et sillonnant les rues sont devenues quotidiennes; certaines mères de familles sont mêmes obligées d’abandonner leur poste de travail pour rechercher, à travers quartiers et secteurs, le combustible. Le problème semblerait résider dans l’interchangeabilité. Parce que, lorsque le distributeur dont on a la bouteille n’a  pas la ressource, le plus souvent elle existe chez le concurrent d’en face. Pour éviter ce calvaire aux ménages, l’Etat doit courageusement prendre ses responsabilités pour rendre à nouveau possible l’interchangeabilité des marques. Il ne peut pas fournir tant d’efforts pour subventionner la ressource au bénéfice du consommateur et le laisser à la merci de certains distributeurs défaillants. L’intérêt général doit primer. Il y a des compétences dans la distribution du gaz qui tentent de s’installer mais à qui on ne facilite pas la tâche. Soit. Mais pense-t-on aux générations futures? Certains experts disent qu’il ne reste plus que 8% de forêts (on devrait dire brousses) au Faso…

Hidogo